JOURNAL DE PRISON

Traduit du benali par Philippe Benoît

RAHMAN SHEIKH MUJIBU


Il mérite d’être appelé le « Nelson Mandela bengali ». Sheikh Mujibur Rahman fut emprisonné pendant dix ans de sa vie pour avoir rêvé d’un Bengale libre où l’identité culturelle bengalie serait plus importante que l’identité religieuse musulmane majoritaire. Il était entré en politique dans les dernières années de la lutte des Indiens pour s’affranchir du joug britannique. Issu d’une famille musulmane de la classe moyenne rurale du Bengale, il fut d’abord enthousiasmé par la création du Pakistan, un État séparé qui serait le refuge des musulmans de l’Inde libérée des Anglais. Mais il devait déchanter dès le lendemain de la création du nouvel État, le 14 août 1947. L’imposition de l’ourdou comme langue officielle unique du Pakistan, alors que le Pakistan-Oriental d’expression bengalie représentait les deux tiers de la population totale du pays, constitua le premier acte d’une longue série d’agressions contre le peuple bengali. Dès lors, Sheikh Mujibur Rahman, avec son parti, la Ligue Awami, allait vouer sa vie à la cause d’un nationalisme bengali, d’abord linguistique et culturel, puis politique, administratif et économique. Ce long combat fut aussi un combat pour la démocratie, contre la dictature du général Ayub Khan, qui abattit sa répression sur le pays à partir de 1958. Son rôle de dirigeant de ce mouvement légaliste et non-violent devait valoir à Sheikh Mujibur Rahman le titre populaire de « Bangabandhu », l’« Ami du Bengale ». Mais l’intransigeance des militaires et de la classe politique de la partie occidentale du pays, face à la victoire des partisans de Sheikh Mujibur Rahman dans les urnes, devait conduire à la sécession de la partie orientale du pays, en 1971, suivie d’une guerre pour la libération du Bengale. La victoire, favorisée par l’intervention militaire indienne en décembre 1971, aboutit à la naissance d’un nouveau pays sur la carte du monde : le Bangladesh. Sheikh Mujibur Rahman en fut le premier dirigeant, avant d’être assassiné lors d’un coup d’État, le 15 août 1975.

Écrit pour sa plus grande partie de 1966 à 1968, ce Journal de prison est un document exceptionnel où sont posés tous les fondements politiques et humanistes de ce qui deviendra le Bangladesh. Ce témoignage sensible et très contemporain est une oeuvre littéraire majeure, écrite dans la souffrance, la solitude, mais avec l’espoir chevillé à l’âme d’un avenir de liberté pour un peuple trop longtemps opprimé.

Traduit du bengali par Philippe Benoît.




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Fiche technique

EditeurSLATKINE & CIE
Format15,5 X 23 CM
Nombre de volume1
Nombre de pages464
Type de reliureBROCHÉ
Date de publication24/06/2021
Lieu d'éditionGENÈVE
ISBN9782889441815
EAN139782889441815