L’Art dramatique peut être considéré sous la Constituante comme une véritable école du peuple. Les hommes de 1789 croient fermement à la vertu des spectacles et il existe sous la Constituante un consensus pour admettre l’utilité du théâtre et souligner l’intérêt de sa fonction pédagogique.
Mais cette conviction n’est pas le fruit du hasard, elle est fille de la nécessité. De bonne heure, dès 1789, la Liberté triomphante apparaît rapidement comme un colosse aux pieds d’argile. À peine conquise, il faut déjà sur le champ la défendre. Il faut pour cela éduquer le peuple, le raffermir dans ses nouveaux droits et lui indiquer ses devoirs ; il s’agit de légitimer la Révolution pour inciter à la défendre.
C’est ainsi que promu au rang d’une école de mœurs, le théâtre devient didactique. La scène veut être l’école ou l’on va enseigner la morale bourgeoise et les valeurs fondatrices du nouveau pacte social. Quand le souffle de l’Histoire passe sur le théâtre, la scène offre la perspective d’un destin national. C’était déjà « une certaine idée de la France ».
La gloire éphémère de ce théâtre lié à l’événement dure aussi longtemps qu’existent les conditions historiques de sa production. Il disparaît avec elles. Mais dans l’histoire de la Révolution, il a incontestablement le mérite d’avoir été un appareil idéologique non négligeable dans la reproduction et la défense des idéaux qui allaient devenir ceux de la République Française, c’est aussi sa grandeur.
Availability date:
| Editeur | HONORE CHAMPION |
| Collection | DIX HUITEME SIECLE |
| Format | in-8 |
| No dans la collection | 0013 |
| Nombre de volume | 1 |
| Nombre de pages | 302 |
| Type de reliure | relié |
| Date de publication | 04/02/1998 |
| Lieu d'édition | PARIS |
| ISBN | 2852036665 |
| EAN13 | 9782852036666 |