VRAISEMBLANCE ET REPRESENTATIONS AU XVIIIE SIECLE
À l`âge classique, l`œuvre d`art est pensée en termes d`imitation de la nature. Plus l`œuvre est vraisemblable, plus l`imitation est considérée comme réussie. À travers l`étude des grands texte s de la poétique et de l`esthétique classiques (Rapin, Du Bos, Batteux, Voltaire, Diderot, Marmontel), ce livre retrace la façon dont l`idéal de la mimèsis se redéfinit au cours des XVIIe et XVIIIe siècles. Conçue par les Classiques comme modèle idéal, exemplaire et général, la vraisemblance tend, sous l`impulsion des écrits de Du Bos et Diderot essentiellement, à favoriser une approche sensibl e de l`œuvre qui place l`impression du spectateur au cœur du jugement esthétique. L`effet de l`œuvre sur le spectateur tient moins à la régularité du sujet qu`à la façon dont l`œuvre le représen te, à la manière qui est la sienne. Aussi l`œuvre vraisemblable du siècle des Lumières vise-t-elle moins à procurer une illusion totale de vérité, qu`à mettre en valeur la dimension artificielle du signe artistique - par quoi le XVIIIe siècle inaugure l`ère de l`esthétique moderne, où l`œuvre ne cherche plus à dissimuler ses contours mais à révéler la main de l`artiste créateur. Nathalie Kre mer est Maître de conférence à l`Université Paris III - Sorbonne Nouvelle. Elle est l`auteur de Préliminaires à la théorie esthétique du XVIIIe siècle (Paris, Kimé, 2008) et, avec Jan Herman et Mlad en Kozul, Le Roman véritable. Stratégies préfacielles au XVIIIe siècle (Oxford, Voltaire Foundation, 2008).
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